Je me suis trompé de pendu.
Hier j'ai cru un homme mort. Je ne l'ai pas pleuré. Je l'ai cru mort. C'était l'Autre. Un autre. Un inconnu.
Je m'emparre d'une histoire qui n'est pas la mienne. Je prends dans mes mains une corde qui n'est pas la mienne. Un noeud coulant qui a glissé d'un homme à un autre. Et comment dire la méprise ? Et comment dire l'erreur ? L'erreur d'un deuil somme toute insignifiant au milieu d'autres larmes.
Cette histoire n'est pas la mienne. Mais le rire. Le rire de celui qui se marie pour de bon. Passer la corde au coup un soir de lune trop ivre pour être vraie.
Une histoire douce de théâtre. D'une mort qui s'est trompée de destinataire. Une lettre mal recommandée. Je me suis trompé de pendu.
Et les crocodiles ? Je veux dire ces larmes qu'on verse d'une croyance trop empreinte de l'odeur de vérité. Les parfums sont trompeurs. Et les larmes. Mais le mort, lui, sait qu'il est mort et qu'il s'est pendu. L'Autre ne peut pas imaginer. Je veux dire celui qu'on croyait mort et qui continuera à vivre pour quelques minutes encore. C'est toujoursle Premier ?
Je me suis trompé de pendu. Cette histoire n'est pas la mienne. Mais la méprise. Trop gros pour être faux. Qui est mort ?
Salut Justine.

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