mercredi 8 octobre 2008

Pamiatki





9 août 2008


Il a plu sur Krakow

Et les larmes de la Petite Pologne

ont rougi les pierres et la cendre

Et les larmes de sel ont noirci

mes doigts

Foutu jour de rien

Ni Montmartre

Ni Kazimierz

n'avaient assez de flache

pour toi

Tout t'appartient

Même l'adieu aux souvenirs

Satie danse devant la vieille synagogue

une gnossienne mécanique

J'essaie encore d'accrocher mes dents de wilk

à tes lèvres

Toi es où

Je ne t'es même pas dit

au revoir

ni merci

ni pardon

ni rien qui ne soit après

Les polonaises te ressemblent

J'interroge leurs regards juste pour voir si derrière tu t'y crampes

un peu


[...]


Sam na sam z bogiem

Seul à seul avec toi

Ad libitum


[...]


A la lueur d'une bougie je pianote quelques mots d'airain et de sable. Devant une machine à coudre et un verre de bière. Maladroit.

Je cherche sous l'écharde blanche la peau neuve qui drapera ton retour.

Faire fondre la cire du pêché ainsi que l'adultère... et voler sur la route les dernières miettes de bonté.


[!!!]


Merdre, cette phrase me fait bondir, comment ai-je pu écrire avec le masque de cette hypocrite sainteté ?

L'angoisse n'a jamais fait de moi quelqu'un de lumineux.

Et l'amoricide ne me transforme pas en martyr.

Oui, j'ai pleuré pour toi. Toujours avec orgueil.

Alors qu'est-il à dire ? Cette suite polonaise a-t-elle un sens qui ne soit pas juste l'expression d'une ferveur masturbatoire ? Je crois néanmoins que oui, à condition que je ne me borne pas à la retranscription littérale de mon aveuglement d'alors. Il faudra se souvenir de chaque pas et veiller à ce qu'aucun d'eux ne franchisse la limite de la complaisance pénitente.

Mais je veux continuer d'écrire pour la jeune fille de Pologne. Demande pourquoi à Soutine.

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