
9 août 2008
Il a plu sur Krakow
Et les larmes de la Petite Pologne
ont rougi les pierres et la cendre
Et les larmes de sel ont noirci
mes doigts
Foutu jour de rien
Ni Montmartre
Ni Kazimierz
n'avaient assez de flache
pour toi
Tout t'appartient
Même l'adieu aux souvenirs
Satie danse devant la vieille synagogue
une gnossienne mécanique
J'essaie encore d'accrocher mes dents de wilk
à tes lèvres
Toi es où
Je ne t'es même pas dit
au revoir
ni merci
ni pardon
ni rien qui ne soit après
Les polonaises te ressemblent
J'interroge leurs regards juste pour voir si derrière tu t'y crampes
un peu
[...]
Sam na sam z bogiem
Seul à seul avec toi
Ad libitum
[...]
A la lueur d'une bougie je pianote quelques mots d'airain et de sable. Devant une machine à coudre et un verre de bière. Maladroit.
Je cherche sous l'écharde blanche la peau neuve qui drapera ton retour.
Faire fondre la cire du pêché ainsi que l'adultère... et voler sur la route les dernières miettes de bonté.
[!!!]
Merdre, cette phrase me fait bondir, comment ai-je pu écrire avec le masque de cette hypocrite sainteté ?
L'angoisse n'a jamais fait de moi quelqu'un de lumineux.
Et l'amoricide ne me transforme pas en martyr.
Oui, j'ai pleuré pour toi. Toujours avec orgueil.
Alors qu'est-il à dire ? Cette suite polonaise a-t-elle un sens qui ne soit pas juste l'expression d'une ferveur masturbatoire ? Je crois néanmoins que oui, à condition que je ne me borne pas à la retranscription littérale de mon aveuglement d'alors. Il faudra se souvenir de chaque pas et veiller à ce qu'aucun d'eux ne franchisse la limite de la complaisance pénitente.
Mais je veux continuer d'écrire pour la jeune fille de Pologne. Demande pourquoi à Soutine.

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