jeudi 26 février 2009
Cendres
Pardonne moi Seigneur de ne pas avoir ri de ma souffrance ridicule.
Pardonne moi Seigneur de renverser le Credo et de dire : Seigneur je T’aime car tu es en
Moi, tu es en Moi et tu chantes en Moi.
Pardonne moi Seigneur de chercher Ta vérité à la limite de ma peau et du pêché, pardonne moi d’éprouver tes frontières avec ces cris païens.
Seigneur, en Toi je cherche l’anima, ce qui anime mon sang, ce qui fait vibrer mon corps et qui me fait Homme,
Seigneur, je cherche le pur là où gicle le monde, je Te cherche sous la peau de l’Autre. Pour cela je Te demande pardon et je continuerai.
Seigneur, pardonne moi de n’écouter Ton chant que lorsque ma raison s’emporte derrière la lumière.
Seigneur de Ta lumière est né un homme qui T’as fait prisonnier par avarice et ne sait plus s’ouvrir au monde. Je crois que j’ai perdu l’Autre en cherchant à Te posséder. Je te demande pardon.
Donne moi Seigneur la force de l’âme qui permet de marcher l’œil ouvert et droit.
Je veux vivre Seigneur, non pas dans Ta grâce mais dans la grâce de la Terre où je grandis, avec son lot de tumulte et d’enfer. Berce moi dans Ton ombre si tu me crois méritant. Mais je ne souhaite pas être sauvé.
Seigneur je viendrai boire à Ta source si tu me donnes la vie. Pour cela je tourne les yeux dedans de moi et s’il faut payer Ta lumière de mon sang, je veux marquer mon corps de mémoire.
lundi 2 février 2009
Enfin le Clair-Obscur
Sous le silence la glace.
Il est temps de parler de la Norvège.
Une nouvelle ancre, un nouveau port. Et c'est un monde à la mer vers lequel m'entraîne depuis des mois ce fou de Fosse. Un monde où Augustin a définitivement réglé son compte au présent, un monde où le temps se compte sous la vie comme une lumière de moins. Cet homme-ours me transforme en marin, me rend avide de repos et de clarté. Là où les mots s'estompent pour se réduire à leur immanquable balbutiement, il rend les corps plein de leur lumière d'avant la naissance.
Comment dire ?
Comment dire la magie de ce musicien, l'alchimie précise et méthodique de ses pages ?
C'est difficile quand on n'est pas norvégien car il faut réduire sa langue à la simple nécessité du sens. Sans entourloupe ni manigance.
Alors
oui
je pars
Décidé de m'embarquer
sur
ses eaux à lui
Et
Oui
je doute
Je doute et j'ai peur
Moi aussi je voulais le repos
Mais
sa lumière
Je n'ai pas pu m'empêcher
de croire à cette scène
où tout partirait
du silence
du choeur et du silence
J'ai cru qu'on pouvait voir
la mer
sur un plateau
Et je crois toujours
Même si ce n'est pas toujours simple
N'est-ce pas
Et j'aime
comme si c'était malgré moi
Dans le sommeil
et l'ennui
J'aime
ce que je ne comprends pas
Lui
je ne le comprends pas
Et je regarde
comme un marin
qui a le phare au dos
et la lumière de la mer
devant lui
Merci Jon
La Gnossienne No1 d'Erik Satie - par Alexandre Tharaud
Suspension parfaite
Respiration évidente
Équilibre
Accord de la pesanteur et de la légèreté
Cette interprétation est inespérée
No (more) comment
Merci M. Tharaud
vendredi 30 janvier 2009
Je me suis trompé de pendu
mercredi 15 octobre 2008
Wilk / Pamiatki II
J'ai croisé la porte murée du Théâtre Magique. Ulica Jakuba (ou Jozefa - j'ai déjà oublié à force de le savoir). Un mur infranchissable. Mon Loup hurlait. Sans objet. Et moi. La hasard était monstrueux et pourtant si évident. C'était si simple de retrouver au coeur de la Petite Pologne la photographie exacte, l'image rêvée d'une Allemagne perdue. Une bonne fois pour toute, les frontières sont tombées. Réel - perception - fiction. Les vapeurs oniriques du voyage alors même que je cognais mon passe-muraille contre le réel de la pierre. Steppenwolf, c'est Demain. Ici. Le retour éternel du mythe.
J'avais presque oublié le sens du mot wilk lorsque j'ai vu cette porte en appel que je ne voyais pas pour la première fois.
Et tout de suite, parler à ton absence, à ta cécité et à la lumière trop crue que tu laisses à mes nuits.
Parler seul et écouter l'écho de tes mots de plus en plus lointains.
Parler.
Ce n'est pas pour toi que je parlais, et voilà que tu t'impose à la faiblesse de mon oreille comme les soirs de nouvelle Lune.
Ce n'est pas pour toi que je parlais, je parlais à mon fils que j'inventais le long de la route comme le compagnon privilégié d'un amoricides. Je lui inventais quelques chansons sur ce chemin de soleil. L'est de demain, que je lui disais.
Et puis voilà que sur les pierres de Krakòw il n'y a plus que toi qui m'accompagnes alors que je marche pour lui.
C'est la faute à Wajda.
Pas prêt à accueillir un môme dans le coin de ma tête.
Et toi petite conne malheureuse, pas prête à ouvrir ta porte. Jeszcze raz.
[...]
Derrière le mur du Théâtre Magique, il y a un vieux cimetière juif.
Bien sûr.
Non-jeu.
[...]
La mémoire s'est brouillée
Quelques gouttes d'une pluie fine tombent en souvenir de ces noms yiddishs et polonais
La pierre les préserve
Bon an mal an
Bon gré mal gré
Et le vert sauvage courre sous mes pompes
Partout des fleurs et la mort
Smert
Smert
Smert
entrecroisées comme des veines en corolles sur les plaines de
Le thyrse d'Oświȩcim
La mémoire s'est brouillée
Des mots qui sonnent dans la langue de mon sang que mon oreille ignore
Une culture morte devant mes yeux
et quelques briques pour l'ériger en mausolée
La pendule s'est arrêtée si brusquement.
Et je n'étais pas né que déjà ma peau criait
La rage au ventre comme un liquide précieux
Pourtant je suis étranger sur le chemin du retour
Quel grand sommeil me ramènera avant les saisons ?
Quelle liqueur m'apprendra les prières d'autrefois ?
Quelle jeune fille de l'Est me prêtera sa langue pour cautériser mon corps ?
Je ne saigne plus
c'est vrai
Mais sur mon corps pullulent ces bribes confuses
qui sont ma vie d'avant
et mon appartenance
La mémoire s'est brouillée
vendredi 10 octobre 2008
Butoh
Parce qu'il me fait peur. Parce qu'une fois que la vidéo commence je ne peux plus détacher mon regard. Parce qu'il me raconte des milliers d'histoires avec un langage qui n'est pas le mien. Parce que sa danse est belle. C'est un coup de foudre pour un fantôme qui traverse un espace. C'est également ainsi que je rêve Teatro Nudo, une ombre nue sur un plateau qui va interrompre le silence par sa simple existence mais sans faire de bruit. Le passage du corps sans chaîne entre deux instants morts. Un interlude Schiele. Juste un phénomène.
jeudi 9 octobre 2008
Egon Schiele - Notes viennoises
La Classe morte (Umarła klasa) - Fragment
mercredi 8 octobre 2008
Malaxe
Pamiatki

Koop Island Blues
mercredi 1 octobre 2008
Chi son'io tu non saprai
Do widzenia
